Accident sur un chantier: ce que la Suva paie en 2026

L’essentiel d’abord
Si vous avez un accident sur un chantier, la Suva paie l’intégralité de votre traitement, sans franchise ni quote-part, et, à partir du troisième jour qui suit celui de l’accident, une indemnité journalière de 80 % de votre salaire, pour chaque jour civil. Le jour de l’accident et les deux jours suivants sont à la charge de votre employeur, à 80 % au moins. S’il reste une séquelle, une rente et une indemnité pour atteinte à l’intégrité s’y ajoutent.
Qui tape «accident chantier Suva» tombe surtout sur des faits divers et sur des pages générales de la Suva, rédigées de la même façon pour toutes les branches. Il y manque ce qui est propre à la construction: la protection contre le licenciement prévue par la Convention nationale (CN), ce qu’il advient du 13e salaire et des jours fériés, pourquoi les chiffres sont si élevés dans la construction et où votre assurance a des lacunes. Nous sommes partis de la loi, de la Convention nationale 2026 et des documents de la Suva, état en octobre 2026, et nous avons refait les calculs.
Sur un chantier, c’est presque toujours la Suva
Si vous travaillez pour une entreprise de construction, vous êtes assuré à la Suva, que vous le vouliez ou non. La loi sur l’assurance-accidents (LAA) lui attribue d’office les entreprises du bâtiment, des installations et de la pose de conduites, ainsi que les carrières, gravières et exploitations forestières. Dans le texte de loi, la Suva porte encore son ancien nom, CNA. Votre employeur ne peut pas choisir un autre assureur. Il paie seul la prime des accidents professionnels; celle des accidents non professionnels, il a le droit de la retenir sur votre salaire. Vous la voyez sur votre fiche de salaire sous la forme d’une déduction AANP.
Les statistiques montrent à quel point cette protection est nécessaire. La Statistique LAA 2026, publiée en commun par tous les assureurs-accidents, recense pour 2024, dans la construction de bâtiments et le génie civil, 140,1 accidents professionnels pour 1000 travailleurs à plein temps, et même 145,3 dans les travaux de construction spécialisés (second œuvre, installations, toitures, peinture). Toutes branches confondues, la moyenne est de 58,2, et seul le secteur des arts, spectacles et activités récréatives fait pire, avec 162,1. Dans le bâtiment et le génie civil, cela fait donc statistiquement chaque année un accident professionnel pour sept travailleurs à plein temps.

L’écart se creuse encore pour les cas graves. La construction représente 7,7 % de tous les travailleurs à plein temps, mais 19 % des cas reconnus dans l’assurance contre les accidents professionnels: 49 641 en 2024. En moyenne des années 2020 à 2024, 16 personnes de la construction sont mortes chaque année d’un accident professionnel, soit un quart de tous les décès. Et 236 rentes d’invalidité par an sont allées à des accidentés de la construction, 41 % de toutes les rentes après un accident professionnel. Si vous travaillez sur un chantier, il ne suffit donc pas de savoir que vous êtes assuré: il faut savoir ce que l’assurance paie exactement. Et tout commence par une question que beaucoup oublient de se poser.
Est-ce vraiment un accident?
La Suva ne paie que pour les accidents et les maladies professionnelles. Selon la loi sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), un accident est une atteinte soudaine et involontaire portée au corps par une cause extérieure extraordinaire. S’il manque l’un de ces éléments, c’est une maladie, et c’est alors votre caisse-maladie qui paie, avec franchise et quote-part.
Dans sa brochure pour les collaborateurs, la Suva explique la différence avec deux exemples tirés du chantier. Vous vous coupez la main avec une scie sauteuse: c’est un accident. Vous soulevez une caisse et ressentez une douleur aiguë dans le dos: ce n’en est pas un, parce que rien d’extraordinaire n’est venu de l’extérieur. Pour le dos, c’est dur à avaler, car porter des charges lourdes fait partie du quotidien sur un chantier.
La règle n’est pourtant pas si stricte. Pour une liste de lésions, la Suva paie même sans accident clairement établi, tant qu’elles ne sont pas dues de manière prépondérante à l’usure ou à une maladie: fractures, déboîtements d’articulations, déchirures du ménisque, déchirures et élongations de muscles, déchirures de tendons, lésions de ligaments et lésions du tympan (art. 6, al. 2, LAA). Si un tendon se déchire pendant que vous déchargez des fers d’armature, la Suva ne peut refuser que si l’usure en est la cause principale.
S’y ajoutent les maladies professionnelles. Elles sont traitées comme un accident professionnel dès que vous devez consulter un médecin pour la première fois ou que vous ne pouvez plus travailler. La Suva cite en exemple le cancer de la peau après des années au soleil sur les chantiers et les lésions auditives dues au bruit. La Statistique LAA montre leur poids: de 2020 à 2024, 59 personnes de la construction sont mortes en moyenne chaque année d’une maladie professionnelle, presque quatre fois plus que d’un accident professionnel. Accident, lésion de la liste ou maladie professionnelle: pour que la Suva puisse examiner votre cas, il faut d’abord qu’elle en soit informée.
Annoncer l’accident le jour même
Vous devez annoncer sans retard à votre employeur ou à la Suva tout accident qui nécessite un traitement médical ou vous rend incapable de travailler. La Suva conseille d’annoncer aussi les accidents après lesquels vous pouvez continuer à travailler. La cheville tordue qui n’enfle vraiment que trois jours plus tard est le cas typique où une annonce précoce évite un litige.
Ce que doit contenir l’annonce figure dans l’ordonnance sur l’assurance-accidents (OLAA): le moment, le lieu, les circonstances et les suites de l’accident, le médecin ou l’hôpital, et les éventuels responsables ou autres assurances concernés. Pour le contremaître, un court message suffit souvent, pourvu qu’il contienne ces éléments:
Accident aujourd’hui à 10 h 30 sur le chantier de l’avenue de la Gare, 2e niveau de l’échafaudage. J’ai glissé en descendant et je me suis tordu la cheville droite. Marco l’a vu. Je vais maintenant à la permanence médicale de la gare et j’ai besoin d’une fiche d’accident.
L’employeur doit alors transmettre immédiatement l’annonce à la Suva et, pour un accident professionnel, en examiner lui-même les causes. Sauf pour les cas bénins, il vous remet une fiche d’accident, que vous présentez chez le médecin et à la pharmacie et que vous rendez à la fin du traitement. Si vous annoncez l’accident trop tard sans excuse valable et que cela complique beaucoup le travail de la Suva, elle peut réduire jusqu’à la moitié les prestations en espèces pour la période qui précède l’annonce (art. 46 LAA). Si elle n’apprend toujours rien après trois mois, elle peut réduire de moitié toute prestation. Si c’est l’employeur qui néglige l’annonce, il répond des frais qui en découlent. Une fois l’annonce partie, reste la question de l’argent pour les premiers jours.
Les trois premiers jours, c’est l’employeur qui paie
L’indemnité journalière de la Suva ne commence que le troisième jour qui suit celui de l’accident. Si vous avez un accident un lundi, elle est versée à partir du jeudi. Pour le jour de l’accident et les deux jours de carence qui suivent, votre employeur doit payer au moins les quatre cinquièmes du salaire, soit 80 % (art. 324b, al. 3, CO). La Convention nationale compte expressément ces «jours de carence Suva» dans le salaire sur lequel sont calculés le salaire afférent aux vacances et le 13e salaire.
En cas de maladie, c’est différent. Dans le secteur principal de la construction, un jour de carence non payé par maladie peut être mis à votre charge, et ce n’est qu’ensuite que l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie verse 80 % (CN 2026, art. 56). Après un accident, il n’existe pas de jour sans salaire de ce genre.

À partir du jeudi, la Suva prend le relais. Ce qui arrive alors sur votre compte dépend d’une formule simple.
L’indemnité journalière: 80 %, dimanche compris
En cas d’incapacité totale de travail, l’indemnité journalière correspond à 80 % du gain assuré; en cas d’incapacité partielle, elle est réduite en conséquence. La base est le dernier salaire avant l’accident, converti en salaire annuel, 13e salaire et allocations compris.

La Suva calcule ainsi: elle divise le salaire annuel par 365 et en retient 80 %. Le résultat vaut pour chaque jour civil, y compris les samedis, les dimanches et les jours fériés. Son propre exemple est un maçon qui gagne 78 000 francs bruts par an, 13e salaire compris. Son indemnité journalière s’élève à 78 000 ÷ 365 × 80 % = 170.95 francs. S’il peut reprendre le travail à mi-temps après l’accident, il en touche la moitié, soit 85.50 francs par jour. En incapacité totale, il reçoit 5128.50 francs pour un mois de 30 jours et 5299.45 francs pour un mois de 31 jours. Sur une année, cela fait 62 397 francs, soit 80 % de son salaire annuel. Pour savoir où se situe votre propre salaire selon la CN, lisez notre article sur les salaires dans la construction.
Le calcul est plafonné. Le gain assuré est limité à 148 200 francs par an, soit 406 francs par jour (art. 22 OLAA). L’indemnité journalière la plus élevée est donc de 324.80 francs. Ce plafond ne se fait sentir que si vous gagnez plus de 148 200 francs par an.
Trois éléments rendent l’écart avec votre salaire habituel plus petit ou plus grand que ne le laissent penser les 80 %:
- Pas de cotisations sociales. Les prestations de l’assurance-accidents ne sont pas un revenu d’une activité lucrative (art. 6 RAVS). Si votre entreprise vous verse l’indemnité, elle ne peut, selon la notice de la Suva sur l’indemnité journalière, en déduire aucune cotisation aux assurances sociales: vous recevez l’indemnité entière. En net, il vous manque donc moins que ce que suggèrent les 80 % sur le papier.
- Le 13e salaire et les vacances sont déjà compris. La Convention nationale précise à l’annexe 6 que le droit aux vacances et la part du 13e salaire sont compris dans les prestations de la Suva. Aucun 13e salaire ne s’ajoute donc à l’indemnité journalière.
- Pas d’indemnité de jour férié. Si un jour férié tombe pendant la période où vous touchez l’indemnité de la Suva, l’indemnité pour jour férié n’est pas due selon l’art. 34 CN. Vous n’y perdez rien, puisque l’indemnité journalière court aussi ce jour-là.
L’indemnité est le plus souvent versée par votre employeur, avec le décompte de salaire habituel: la Suva la verse à l’entreprise, qui vous la transmet. Si votre entreprise ne la verse pas elle-même, la Suva la paie directement sur votre compte. Si le montant sur la fiche de salaire est inférieur à ce que donne la formule, demandez d’abord au service des salaires, puis à la Suva. L’indemnité court jusqu’à ce que vous puissiez de nouveau travailler à 100 %. Et tant qu’elle court, vous êtes protégé sur un chantier par une règle que d’autres branches ne connaissent pas sous cette forme.
Pas de licenciement tant que la Suva paie
Selon le Code des obligations, quand vous ne pouvez pas travailler après un accident sans faute de votre part, le licenciement n’est interdit que pour une durée limitée: 30 jours pendant la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième année et 180 jours dès la sixième (art. 336c CO). Dans le secteur principal de la construction, la Convention nationale va beaucoup plus loin. Selon l’art. 23 CN, l’employeur ne peut pas résilier le contrat après le temps d’essai tant que l’assurance-accidents obligatoire verse des indemnités journalières, quelle que soit la durée.
La limite n’arrive que lorsque la Suva annonce la fin des indemnités et qu’il est clair que vous ne pourrez pas reprendre votre ancien poste pour des raisons de santé. Vous et votre employeur pouvez alors convenir que le contrat prend fin avec la dernière indemnité. Convenir signifie: il faut votre signature. Si vous avez un accident alors que vous avez déjà reçu votre congé, le délai de résiliation est suspendu tant que la Suva verse des indemnités, puis il reprend.
La CN s’applique aux entreprises du secteur principal de la construction, c’est-à-dire le bâtiment, le génie civil, la construction de routes, les travaux souterrains et les activités apparentées. Si vous êtes peintre, électricien ou installateur sanitaire, c’est votre propre convention collective (CCT) qui s’applique, et c’est là qu’il faut vérifier si elle prévoit une protection semblable. Pour d’autres règles de la CN au quotidien, lisez notre article sur le temps de travail sur les chantiers. Au-delà de la perte de salaire, la Suva paie surtout le traitement.
Frais médicaux: médecin et hôpital sans franchise
La Suva prend en charge le traitement approprié des suites de l’accident (art. 10 LAA): soins ambulatoires chez le médecin, le dentiste ou le chiropraticien, médicaments et thérapies prescrits, hôpital en division commune, cures sur prescription et moyens auxiliaires comme des béquilles, des prothèses ou des chaussures orthopédiques. S’y ajoutent les frais de sauvetage, de transport et de voyage nécessaires. Vous choisissez librement votre médecin et votre hôpital.
Contrairement à l’assurance-maladie, il n’y a ni franchise ni quote-part, comme la Suva le souligne sur sa page consacrée à l’assurance par convention. Le médecin, l’hôpital et la pharmacie facturent directement à la Suva; pour cela, vous présentez la fiche d’accident. Si vous voulez être en division semi-privée ou privée, la Suva ne paie pas le supplément. Pour la réadaptation, la Suva gère ses propres cliniques à Bellikon et à Sion.
Cette protection s’accompagne d’une obligation: vous devez collaborer, c’est-à-dire vous rendre aux rendez-vous, suivre les thérapies et donner à la Suva les renseignements nécessaires. Le plus souvent, l’histoire se termine par un retour en bonne santé sur le chantier. Parfois, il reste une séquelle.
Quand une séquelle demeure: rente et indemnité pour atteinte à l’intégrité
Un jour, la poursuite du traitement n’apporte plus d’amélioration notable. L’indemnité journalière prend alors fin et la Suva examine si vous avez droit à une rente (art. 19 LAA). Les éventuelles mesures de réadaptation de l’AI, un reclassement professionnel par exemple, doivent pour cela être terminées.
Une rente d’invalidité est versée à partir d’un taux d’invalidité de 10 %. Ce taux mesure la part de revenu que vous ne pouvez plus gagner à cause de votre atteinte à la santé. En cas d’invalidité totale, la rente s’élève à 80 % du gain assuré; en cas d’invalidité partielle, elle est réduite en conséquence (art. 20 LAA). La base est ici le salaire de la dernière année avant l’accident. Si vous touchez aussi une rente AI, la Suva verse une rente complémentaire: les deux ensemble peuvent atteindre 90 % du gain assuré, mais pas davantage.
Un point que presque personne ne connaît concerne les travailleurs plus âgés. Si vous aviez plus de 45 ans au moment de l’accident, la Suva réduit la rente dès que vous atteignez l’âge de référence AVS. Pour un taux d’invalidité de 40 % ou plus, la réduction est de 2 points de pourcentage par année entière au-delà de 45 ans, au plus 40 %. En dessous, elle est de 1 point par année, au plus 20 %. Un ouvrier qui a un accident à 55 ans et reste invalide à 50 % touche donc sa rente Suva entière jusqu’à l’AVS, puis réduite de 20 points. Si vous pensez à une retraite anticipée vers 55 ans, examinez ce point avec la rente transitoire RETABAT.
L’indemnité pour atteinte à l’intégrité est un versement unique pour une atteinte durable et importante au corps ou au psychisme, une sorte de réparation du tort moral. Elle est due même si vous pouvez de nouveau travailler à 100 %. Son montant suit un barème de l’annexe 3 de l’ordonnance sur l’assurance-accidents et correspond à un pourcentage du gain maximal de 148 200 francs:
| Atteinte durable | Barème | Montant |
|---|---|---|
| Deux phalanges d’un doigt (sauf le pouce) | 5 % | 7410 fr. |
| Un pouce entier | 20 % | 29 640 fr. |
| Une main | 40 % | 59 280 fr. |
| Une jambe au-dessus du genou | 50 % | 74 100 fr. |
Les atteintes inférieures à 5 % ne donnent droit à aucune indemnité. Les montants sont calculés par nos soins à partir du barème. Dans chaque cas, la Suva fixe le pourcentage selon la gravité, y compris pour les atteintes qui ne figurent pas dans la liste.
Si l’accident est mortel, les survivants touchent une rente: la veuve ou le veuf 40 % du gain assuré, les orphelins de père ou de mère 15 % et les orphelins de père et de mère 25 %, au total 70 % au plus. Voilà pour les prestations après un accident sur le chantier. Pour un accident un samedi, plusieurs choses changent.
Accidents de loisirs: même Suva, règles plus strictes
Si vous travaillez au moins huit heures par semaine chez le même employeur, vous êtes aussi assuré à la Suva contre les accidents durant les loisirs (art. 13 OLAA). Le trajet du travail en fait partie. L’indemnité journalière, les frais médicaux et les rentes sont les mêmes que pour un accident professionnel. Les chiffres montrent pourtant que, dans la construction, c’est le travail qui reste le risque principal:
| Accidents pour 1000 travailleurs à plein temps, 2024 | Travail | Loisirs |
|---|---|---|
| Bâtiment et génie civil | 140,1 | 106,9 |
| Travaux de construction spécialisés | 145,3 | 130,8 |
| Toutes les branches | 58,2 | 131,5 |
Dans la plupart des branches, il y a plus d’accidents pendant les loisirs qu’au travail. Sur l’ensemble de ses assurés, la Suva a enregistré en 2025 environ 296 000 accidents non professionnels et 166 000 accidents et maladies professionnels, comme elle l’indique dans son communiqué sur l’exercice 2025. Dans la construction, c’est l’inverse.
La différence principale tient aux réductions. Si vous avez causé un accident de loisirs par négligence grave, par exemple en conduisant en état d’ivresse, la Suva réduit l’indemnité journalière pendant les deux premières années (art. 37 LAA). Si vous avez une famille à charge, la réduction est au plus de moitié. Pour les entreprises téméraires, c’est-à-dire des actions particulièrement dangereuses sans précautions raisonnables, elle réduit de moitié les prestations en espèces ou les refuse entièrement (art. 50 OLAA). Elle cite comme exemples le base jump, les courses de motocross ou le ski hors-piste malgré une alerte d’avalanche. Qui participe à une rixe perd au moins la moitié des prestations en espèces.
Pour un accident professionnel, la réduction pour négligence grave n’existe pas: la loi ne la prévoit que pour les accidents de loisirs. Selon la Suva, une réduction en cas d’accident professionnel est extrêmement rare, par exemple lorsque quelqu’un se blesse en commettant un délit ou un crime. Monter sur l’échafaudage sans casque reste une mauvaise idée: c’est contraire aux règles de sécurité que vous devez respecter selon la brochure de la Suva, et la rente ne remplace jamais ce qu’une chute détruit. Une lacune entre deux emplois peut toutefois coûter plus cher que n’importe quelle réduction.
Entre deux emplois: 31 jours, puis plus de couverture
Si votre contrat de travail prend fin ou que vous prenez un congé non payé, vous restez assuré contre les accidents de loisirs pendant 31 jours seulement (art. 3 LAA). Le délai court à partir du dernier jour où vous aviez droit à au moins la moitié de votre salaire. Ensuite, il ne vous reste que la couverture accidents de votre caisse-maladie, avec franchise et quote-part et sans les prestations de la Suva. Sur les chantiers, cela touche beaucoup de monde: ceux qui font une pause en hiver, ceux qui changent d’entreprise après une saison ou ceux qui rentrent quelques mois au pays.
La solution s’appelle l’assurance par convention. Elle prolonge la couverture de la Suva contre les accidents de loisirs jusqu’à six mois. Selon la Suva, elle coûte 65 francs par mois, donc 390 francs pour six mois. Vous la concluez en ligne, et vous devez la conclure et la payer dans les 31 jours. Une fois le délai passé, il est trop tard. Elle ne peut pas être résiliée et la prime n’est pas remboursée: ne prenez donc que le nombre de mois dont vous êtes sûr d’avoir besoin. Si vous touchez des indemnités de chômage, vous êtes, selon la Suva, aussi assuré contre les accidents de loisirs pendant cette période. Les 31 jours ne commencent alors qu’à la fin de votre droit.
Quand la Suva dit non
Tous les cas ne se règlent pas sans accroc. Si la Suva refuse de reconnaître un accident, réduit des prestations ou cesse de verser l’indemnité journalière, vous recevez une décision écrite. Vous pouvez y faire opposition auprès de la Suva dans les 30 jours, gratuitement (art. 52 LPGA). Expliquez brièvement ce que vous contestez et pourquoi, et joignez les rapports médicaux qui appuient votre point de vue. Si l’opposition est rejetée, vous pouvez faire recours dans les 30 jours devant le tribunal des assurances de votre canton (art. 57 et 60 LPGA).
Vous pouvez aussi chercher le dialogue plus tôt. Tant que la Suva n’a pas encore rendu de décision, la fondation «Ombudsman de l’assurance privée et de la Suva» sert de médiateur, gratuitement pour les assurés de la Suva, comme l’indique la Suva sur sa page consacrée aux prestations. Elle ne suspend toutefois pas les délais en cours.
Si le litige porte sur la question posée plus haut, accident ou usure, ce que vous avez fait le premier jour compte. Une annonce rapide avec les circonstances et les témoins, et une visite chez le médecin peu après l’événement sont ensuite vos meilleures preuves.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Regardez votre prochaine fiche de salaire. Si elle mentionne une déduction AANP, vous êtes aussi assuré pendant vos loisirs. Enregistrez le numéro du service clientèle de la Suva, 058 411 12 12, et pour les urgences à l’étranger celui de l’Assistance, 0848 724 144. Et si vous changez d’emploi, notez votre dernier jour de salaire: 31 jours plus tard, votre couverture pendant les loisirs prend fin.
Si vous devez travailler autrement après un accident
S’il ne vous reste qu’une partie de votre capacité de travail après un accident, un emploi à temps partiel ou un travail moins pénible peut être le chemin du retour. La Suva soutient la réinsertion professionnelle. Sur notre site, vous trouvez des offres à temps partiel et des emplois dans la construction près de chez vous, par exemple dans le canton de Vaud.
Questions fréquentes
- Suis-je assuré par la Suva sur le trajet du travail?
- Oui. L’assurance commence dès que vous prenez le chemin du travail. Si vous travaillez au moins huit heures par semaine chez le même employeur, un accident sur le trajet compte comme accident non professionnel. En dessous de huit heures, il compte comme accident professionnel, car vous n’êtes alors pas du tout assuré contre les accidents de loisirs.
- La Suva rembourse-t-elle des lunettes cassées au travail?
- Seulement si vous avez aussi été blessé et que la blessure doit être soignée. C’est ce que prévoit la loi sur l’assurance-accidents pour les lunettes, les appareils auditifs et les prothèses dentaires. Si vos lunettes tombent simplement de l’échafaudage sans qu’il vous arrive quoi que ce soit, la Suva ne paie rien.
- Accident en vacances à l’étranger: la Suva paie-t-elle?
- Si vous êtes assuré contre les accidents non professionnels, la couverture de la Suva vaut dans le monde entier. Pour un traitement à l’étranger, elle rembourse au plus le double de ce que le même traitement aurait coûté en Suisse. En cas d’urgence à l’étranger, l’Assistance de la Suva répond 24 heures sur 24 au 0848 724 144.
- Rechute d’un ancien accident: la Suva paie-t-elle encore?
- Oui, les prestations couvrent aussi les rechutes et les séquelles tardives. Annoncez la rechute tout de suite à votre employeur ou à la Suva et dites au médecin qu’il s’agit des suites d’un accident antérieur. Si vous touchez déjà une rente d’invalidité de la Suva, le traitement et l’indemnité journalière ne sont versés qu’à des conditions plus strictes.
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