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Temporaire sur un chantier : salaire, frais et congé 2026

La réponse courte

Si vous travaillez comme temporaire sur un chantier, votre salaire est régi par la Convention nationale (CN) qui lie l’entreprise de construction, et non par la CCT du travail temporaire. En 2026, cela signifie au moins 26.95 à 38.10 francs de l’heure selon la classe de salaire et la région, plus au moins 10,6 % de salaire de vacances, 8,3 % de 13e salaire et les mêmes indemnités que le personnel fixe.

Beaucoup de pages sur le sujet citent les salaires minimums de la CCT Location de services. Or ils ne s’appliquent pas sur un chantier du secteur principal de la construction. D’autres calculent avec d’anciens chiffres de la CN ou oublient ce qui compte le plus pour un temporaire : la vitesse à laquelle une mission peut prendre fin, quand les cotisations FAR comptent pour la retraite anticipée et ce qui est permis lors du passage à un poste fixe. Nous avons épluché la CN 2026–2031, la CCT Location de services, la loi sur le service de l’emploi et la banque de données CCT des partenaires sociaux, état octobre 2026.

Qui est votre employeur et quelle convention s’applique

Votre contrat de travail est conclu avec l’agence temporaire, mais vous travaillez pour l’entreprise de construction. L’agence vous verse le salaire, l’entreprise vous dit sur le chantier ce qu’il faut faire. La loi appelle cela la location de services : l’agence est le bailleur de services, l’entreprise de construction l’entreprise locataire.

C’est surtout l’entreprise de construction qui détermine les règles applicables. Si elle est soumise à une convention collective de travail déclarée de force obligatoire, l’agence temporaire doit en respecter les dispositions sur le salaire et le temps de travail. C’est ce que prévoit l’art. 20 de la loi sur le service de l’emploi (LSE). Dans le secteur principal de la construction, il s’agit de la CN 2026–2031, dont les salaires minimaux s’imposent à toutes les entreprises de la branche depuis le 1er avril 2026. L’art. 48a de l’ordonnance sur le service de l’emploi énumère ce que cela recouvre : salaire minimum, indemnités pour frais, suppléments, salaire afférent aux vacances, 13e salaire, jours fériés payés, maintien du salaire par exemple en cas d’intempéries, ainsi que le temps de travail, les pauses et les temps de déplacement et d’attente.

La CCT Location de services s’applique quand même à vous, mais seulement pour le reste. Son art. 3 reprend les règles de la CN sur le salaire et le temps de travail ainsi que celles de la retraite anticipée (FAR). Elle fixe elle-même le temps d’essai et les délais de congé, tout comme les indemnités journalières maladie, la caisse de pension et les contributions pour les contrôles et la formation continue, pour autant que sa solution soit au moins équivalente. Ses propres salaires minimums, en revanche, ne comptent pas sur un chantier.

Schéma : l’agence temporaire vous emploie, l’entreprise dirige le travail. La CN règle salaire, vacances, frais et horaires, la CCT RA la retraite anticipée, la CCT Location de services le temps d’essai, le congé et les assurances.
Quelle convention règle quoi lors d’une mission temporaire sur un chantier, selon l’art. 20 LSE, les art. 48a et 48c OSE, l’art. 3 de la CCT Location de services et la CCT RA.

Une réserve demeure : la CN ne s’applique que si l’entreprise fait vraiment partie du secteur principal de la construction, c’est-à-dire surtout le bâtiment, le génie civil, la construction de routes et les travaux souterrains, le terrassement et la démolition, les échafaudages ou le forage et sciage de béton. Et elle vaut pour les gens du chantier, pas pour les contremaîtres, les chefs d’atelier ou le personnel de bureau. Si l’agence vous envoie chez un peintre, un électricien ou un charpentier, ce sont les conventions de ces branches qui s’appliquent. Restons sur le chantier du gros œuvre et parlons salaire.

Quel salaire horaire s’applique en 2026?

La CN prévoit cinq classes de salaire et trois zones. La classe C correspond à l’ouvrier de la construction sans connaissances professionnelles, la B à l’ouvrier avec connaissances professionnelles, la A à l’ouvrier qualifié sans certificat professionnel, la Q à l’ouvrier qualifié titulaire d’un certificat fédéral de capacité et comptant au moins trois ans de chantier, la CE au chef d’équipe. Les zones s’appellent rouge, bleue et verte et suivent à peu près le niveau des salaires des cantons. Le salaire horaire se calcule à partir du salaire mensuel, divisé par 176 heures (art. 37 CN).

Les partenaires sociaux publient les chiffres dans leur banque de données CCT tempdata, sous «Location de services CN Gros-Oeuvre». Chaque agence temporaire y voit le même tableau que vous.

Tableau de la banque de données tempdata : salaires minimaux CN 2026 par mois et par heure pour les classes CE, Q, A, B et C dans les zones rouge, bleue et verte, par exemple classe C à 27.75, 27.35 et 26.95 francs de l’heure
Les salaires de base CN 2026, déclarés de force obligatoire dès le 1er avril 2026, tels que les partenaires sociaux les publient pour les temporaires. Source : tempservice.ch, lu le 20 octobre 2026.

La répartition en zones cache un piège. Elle n’est pas la même pour les salaires horaires et pour les salaires mensuels, et les temporaires travaillent presque toujours à l’heure. Pour la classe C, le canton de Zurich est en zone rouge pour le salaire horaire, soit 27.75 francs, mais en zone bleue pour le salaire mensuel, avec 4 813 francs. Pour le lieu, la CCT Location de services retient en règle générale celui de l’entreprise locataire, et non le siège de l’agence.

Votre classe de salaire doit figurer dans le contrat de mission. L’agence peut la corriger une fois pendant le temps d’essai, selon l’art. 19 de la CCT Location de services. La CN exige en plus qu’elle figure sur chaque décompte de salaire. Pour les temporaires, l’art. 38 CN est particulièrement important : un ouvrier de classe C est en règle générale promu en classe B au plus tard après 36 mois, et les missions effectuées par l’intermédiaire d’une agence comptent expressément. Une fois promu en classe B, vous la conservez si vous changez d’entreprise. La CN n’autorise les réductions pour les jeunes sortant d’apprentissage, jusqu’à 15 % la première année, qu’en cas d’engagement fixe de durée indéterminée.

Au 1er janvier 2027, les salaires minimaux augmentent au moins du renchérissement mesuré à fin septembre 2026. Selon le calendrier de la Société Suisse des Entrepreneurs, les partenaires sociaux annoncent les nouveaux montants à la mi-octobre 2026, puis ils figurent aussi dans tempdata. Notre article sur les salaires selon la CN 2026 explique comment évoluent les salaires du personnel fixe. Pour vous, en tant que temporaire, la question suivante est la plus importante : ce qui doit s’ajouter au salaire horaire sur votre décompte.

Vacances, jours fériés et 13e salaire

Avec un salaire horaire, le salaire de vacances et le 13e salaire sont calculés sous forme de suppléments en pour cent. La CN vous donne 25 jours de vacances par an, 30 avant 20 ans et dès 50 ans. Sur un salaire horaire, cela correspond selon l’art. 31 CN à 10,6 % ou à 13,0 % du salaire. C’est plus que dans la CCT Location de services, qui ne prévoit que 20 jours ou 8,33 % entre 20 et 50 ans. Sur le chantier, c’est la règle plus favorable de la CN qui s’applique.

Le 13e salaire s’élève à 8,3 % (art. 46 CN). Selon l’annexe 6 de la CN, il se calcule aussi sur le salaire de vacances et celui des jours fériés, mais pas sur les indemnités pour frais comme l’indemnité de repas de midi. Pour un ouvrier de classe C dans le canton de Zurich, cela donne ceci :

Barres empilées, classe C, canton de Zurich, 2026 : 27.75 francs de salaire de base plus 2.94 de vacances et 2.55 de 13e salaire font 33.24 francs de l’heure ; avant 20 ans ou dès 50 ans, 33.96 francs avec 3.61 et 2.60
Notre exemple de calcul : le salaire minimum CN de la classe C dans le canton de Zurich avec salaire de vacances et 13e salaire, sans jours fériés ni frais. Taux tirés de la CN 2026–2031.

Les jours fériés s’y ajoutent. La CN prévoit au moins huit jours fériés payés par an, pour autant qu’ils tombent un jour de travail. C’est la commission professionnelle paritaire de votre région qui en fixe la liste. Vous y avez droit si vous avez travaillé dans l’entreprise au moins une semaine avant le jour férié. Au lieu de payer chaque jour férié séparément, l’employeur peut convenir par écrit d’un supplément en pour cent, que la commission fixe chaque année.

Vérifiez sur le décompte de salaire que le salaire de vacances et le 13e salaire figurent séparément. La CCT Location de services n’autorise le versement direct du salaire de vacances avec le salaire horaire que pour des missions uniques de trois mois au plus. Dans tous les autres cas, il vous est crédité, votre solde figure sur chaque décompte, et il vous est versé quand vous prenez des vacances ou à la fin de la mission. Un «salaire horaire tout compris» sans détail est donc une bonne raison de poser la question. À côté du salaire lui-même, il y a encore de l’argent qui n’est pas compris dans le salaire horaire.

Frais, indemnité de chantier et suppléments

Vous recevez les mêmes indemnités pour frais que le personnel fixe : la loi le prévoit, et l’art. 27 de la CCT Location de services le précise pour les repas. S’il n’y a pas de repas organisé par l’entreprise ou si vous ne pouvez pas rentrer chez vous à midi, l’art. 55 CN vous donne droit à une indemnité de repas de midi d’au moins 16 francs. Les CCT locales peuvent prévoir davantage. Si vous utilisez votre propre voiture sur ordre de l’employeur, c’est au moins 70 centimes par kilomètre.

L’indemnité de chantier est nouvelle : 4 francs par jour de travail d’au moins cinq heures et demie, puis 6.50 francs dès 2027 et 9 francs dès 2028. Elle doit couvrir les frais supplémentaires pour se restaurer pendant les pauses et elle est de force obligatoire depuis le 1er avril 2026, y compris aux temporaires. Avec 20 jours de travail par mois, cela fait déjà 80 francs en 2026.

Le travail en dehors des heures normales donne droit à des suppléments. Le travail du samedi coûte 25 % de plus à l’entreprise, celui du dimanche 50 %. Le travail de nuit temporaire est payé avec 50 % de supplément s’il dure une semaine au plus, sinon avec 25 %. Les suppléments ne se cumulent pas, c’est toujours le plus élevé qui s’applique.

Une règle ne concerne que les temporaires : selon l’art. 49 CN, l’entreprise de construction doit convenir avec vous du même lieu de rassemblement que pour son personnel fixe. Le temps de déplacement jusqu’au chantier compte à partir de ce lieu ; l’article sur le temps de travail sur les chantiers explique comment il est payé. Ce qui arrive finalement sur votre compte dépend aussi des déductions.

Ce qui est déduit de votre salaire

À côté de l’AVS, de l’assurance-chômage et de l’assurance-accidents, votre décompte affiche deux déductions qui n’existent que dans cette combinaison. La première est la cotisation FAR de 2,25 % pour la retraite anticipée dès 60 ans, l’employeur y ajoutant 6 % (art. 8 CCT RA). La seconde est la contribution professionnelle de 0,4 % de la CCT Location de services. Elle finance les contrôles, la formation continue et le fonds social, et remplace les contributions au Parifonds Construction. Pour les indemnités journalières maladie, l’agence peut vous retenir au plus la moitié de la prime, et au maximum 3,5 % du salaire.

La cotisation FAR est due dès le premier jour de travail, selon l’art. 48c OSE. Seule exception : la personne qui, à la fois, a moins de 28 ans, suit une formation hors du secteur principal de la construction et effectue une mission limitée à trois mois. Les trois conditions doivent être remplies ensemble, comme l’a rappelé le Tribunal fédéral dans son arrêt 9C_339/2023 du 28 février 2024. Pour presque tous les temporaires sur les chantiers, la déduction s’applique donc.

Le même arrêt montre de quoi tout dépend. La Fondation FAR réclamait à une agence près de 29 300 francs de cotisations pour du personnel qu’elle avait mis à disposition de 2015 à 2017 d’une entreprise de protection incendie et d’assainissement de polluants. L’entreprise avait entre-temps été radiée, et il n’était plus possible de prouver qu’elle avait principalement assaini des bâtiments et relevait donc de la CCT RA. L’action a échoué devant le tribunal des assurances du canton d’Argovie, puis devant le Tribunal fédéral.

Pour vous, cela signifie que vos missions ne comptent comme années pour la rente FAR que si l’entreprise de construction est elle-même soumise à la CCT RA et que votre fonction en relève (art. 14, al. 5 CCT RA). La déduction sur le décompte ne suffit pas, souligne la Fondation FAR dans un mémento sur les missions dans des entreprises non assujetties. Une mission dès 53 ans dans une entreprise hors de la CCT RA peut vous coûter la rente, car les sept dernières années avant le début de la rente doivent être sans interruption. Notre article sur la retraite anticipée dans la construction explique en détail le fonctionnement de la rente. Mais avant l’argent vient la question de la durée réelle d’une mission.

Temps d’essai et délai de congé : une mission peut s’arrêter vite

Une mission temporaire de durée indéterminée peut être résiliée pendant les trois premiers mois avec un délai de deux jours ouvrables, par chacune des parties. C’est la plus grande différence avec un poste fixe. Les délais minimaux figurent à l’art. 19 LSE, les délais exacts dans la CCT Location de services (art. 10 et 11) :

Moment Temporaire (CCT LS) Personnel fixe (CN)
Temps d’essai 3 mois 2 mois, prolongeable d’un mois
Congé pendant le temps d’essai 2 jours ouvrables 5 jours de travail
Du 4e au 6e mois 7 jours 1 mois pour la fin d’un mois
Dès le 7e mois 1 mois, de date à date 1 mois, dès la 2e année 2 mois, pour la fin d’un mois

Pour une mission de durée déterminée, les deux premiers tiers de la durée comptent comme temps d’essai, trois mois au plus. Pendant cette période, le délai de deux jours ouvrables s’applique aussi, ensuite la mission prend fin à la date convenue. La notice du canton de Bâle-Ville pour les travailleurs temporaires (en allemand) relève quelques subtilités souvent ignorées. Une durée déterminée exige une date ou une échéance clairement déterminable. Une mission «jusqu’à la fin du surcroît de travail» est considérée comme de durée indéterminée. Un congé donné le vendredi avec un délai de deux jours ouvrables qui ne court que sur le week-end n’est pas valable. Chaque nouvelle mission commence par un nouveau temps d’essai, sauf si vous continuez dans la même entreprise et la même fonction. Et une suite de contrats de trois mois dans la même entreprise locataire et la même fonction est traitée par l’office bâlois comme un seul contrat de durée indéterminée.

Un point compte particulièrement sur les chantiers. Si le travail s’arrête pour cause d’intempéries ou de réduction de l’horaire de travail, l’agence temporaire ne reçoit pour cela aucune indemnité de l’assurance-chômage. Selon la notice, vous avez pourtant droit à votre salaire jusqu’à la fin du délai de congé. Notre article sur les intempéries sur les chantiers décrit comment cela se passe pour le personnel fixe. Délais courts ne veut pas dire protection courte, et cela vaut aussi en cas de maladie et d’accident.

Malade, accidenté, assuré

Contre la maladie, vous êtes assuré dès le premier jour de travail convenu. Les indemnités journalières maladie versent au moins 80 % du salaire après deux jours de carence au plus. Comme l’entreprise de construction est soumise à une CCT de force obligatoire, la longue durée de prestations de 720 jours sur 900 jours s’applique à vous (art. 28 CCT Location de services). En cas de maladie, annoncez-vous tout de suite à l’agence temporaire, et pas seulement au contremaître sur le chantier.

Contre les accidents professionnels, vous êtes assuré auprès de la Suva, du début du travail convenu jusqu’au dernier jour de travail. Notre article sur les accidents sur les chantiers explique ce qu’il faut faire après un accident.

Vous entrez dans la caisse de pension dès le premier jour si votre mission est de durée indéterminée, doit durer plus de trois mois ou si vous avez des enfants à charge. Dès la 14e semaine de travail, vous êtes assuré dans tous les cas. Les missions auprès de la même agence sur douze mois sont additionnées à cet effet, et aussi pour les autres prestations qui dépendent de la durée (art. 5 et 31 CCT Location de services).

Il existe en plus une cagnotte que beaucoup ignorent. Après 88 heures de travail temporaire, vous pouvez déposer une demande auprès du fonds de formation continue temptraining. Selon tempservice, il finance des cours de langue, de sécurité au travail ou de perfectionnement, jusqu’à 5 000 francs au plus. La CCT Location de services vous ouvre aussi les offres de formation continue de la branche. Si vous voulez progresser sur les chantiers, l’article devenir contremaître montre le chemin. Mais souvent, celui-ci commence par un poste fixe.

Du temporaire au poste fixe

Si l’entreprise de construction veut vous engager de manière fixe, personne n’a le droit de vous en empêcher. Les clauses du contrat de travail qui vous interdisent ou rendent plus difficile le passage dans l’entreprise locataire sont nulles (art. 19, al. 5 LSE). Il en va de même des clauses du contrat entre l’agence et l’entreprise de construction (art. 22, al. 2 LSE). Seule est permise une indemnité que l’entreprise de construction verse à l’agence, et uniquement si votre mission a duré moins de trois mois et que vous êtes engagé moins de trois mois après sa fin. Elle est plafonnée à ce que l’entreprise aurait payé pour trois mois de frais administratifs et de bénéfice. L’agence ne peut rien vous réclamer pour cela.

Le changement ouvre un nouveau rapport de travail, et un nouveau temps d’essai est admis. Dans la CN, il dure deux mois, avec un délai de congé de cinq jours de travail. Ensuite, la situation devient nettement plus stable : un mois pour la fin d’un mois la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième, trois dès la dixième. Dès 55 ans, c’est quatre mois après la première année de service et six mois dès la dixième (art. 21 CN). Vos mois de mission en classe C comptent pour la promotion en classe B. Et si l’entreprise est soumise à la CCT RA, vos années de cotisation se poursuivent sans interruption.

Avant de changer, demandez le salaire mensuel plutôt que le salaire horaire. Avec un salaire mensuel, les vacances et les jours fériés sont des jours de congé payés, et le 13e salaire est versé en fin d’année sous forme d’un mois de salaire complet. Ne comparez donc jamais le salaire horaire de votre décompte de temporaire avec le salaire mensuel divisé par 176, mais calculez les deux sur une année entière.

Avant de signer le prochain contrat de mission

Vérifiez d’abord que l’agence temporaire dispose d’une autorisation. Le SECO tient un répertoire des bailleurs de services autorisés. Sans autorisation, votre contrat de travail n’est pas valable, et vos salaires ne sont pas garantis par une sûreté, puisque le canton ne l’exige que pour délivrer l’autorisation.

Ensuite, le contrat de mission. Selon l’art. 19 LSE, il doit indiquer le travail, le lieu, le début, la durée ou le délai de congé, l’horaire de travail, le salaire avec les indemnités et les allocations, ainsi que les prestations en cas de maladie, d’accident et de vacances. S’il manque quelque chose, ce sont les conditions usuelles du lieu et de la profession qui s’appliquent. Regardez surtout trois lignes : votre classe de salaire et la zone, le supplément de vacances de 10,6 ou 13,0 % et la déduction FAR. À chaque nouvelle mission, demandez si l’entreprise de construction est soumise à la CCT RA, surtout si vous avez plus de 50 ans.

Si quelque chose ne joue pas, adressez-vous à l’organe de contrôle tempcontrol de la CCT Location de services ou à un syndicat. Sur les chantiers, la commission professionnelle paritaire de la région contrôle en outre le respect de la CN, y compris auprès des agences temporaires.

Si vous cherchez votre prochaine mission, vous trouverez des offres actuelles par exemple dans le canton de Vaud ou dans le canton de Genève. Avec les chiffres de cet article, vous savez ce qui doit figurer sur votre premier décompte.

Questions fréquentes

Que devient mon salaire si l’agence temporaire fait faillite?
Toute agence temporaire a besoin d’une autorisation et doit pour cela déposer une sûreté, d’au moins 50 000 francs selon l’office de l’économie et du travail de Bâle-Ville. Cette sûreté couvre les salaires encore dus aux travailleurs loués si l’agence fait faillite. Elle est déposée dans le canton où l’agence a son siège. L’office cantonal de l’emploi de ce canton vous indique comment annoncer votre créance.
Une agence temporaire a-t-elle le droit de me facturer des frais?
Non. Selon la loi sur le service de l’emploi, les accords qui exigent du travailleur des émoluments, des avances financières ou des retenues sur salaire sont nuls. Cela vaut pour tous les frais, que ce soit pour le placement, pour des documents ou pour le passage à un poste fixe. Si une agence vous demande quand même de l’argent, vous pouvez le signaler à l’office cantonal de l’emploi, qui surveille les agences temporaires.
Dois-je respecter le délai de congé court si je démissionne moi-même?
Oui. Les délais valent pour les deux parties : deux jours ouvrables pendant les trois premiers mois d’une mission de durée indéterminée, sept jours du quatrième au sixième mois, puis un mois. Si votre mission est de durée déterminée, le délai de deux jours ouvrables ne s’applique que pendant le temps d’essai, soit les deux premiers tiers de la durée, trois mois au plus. Ensuite, la mission prend fin à la date convenue.
Je suis frontalier : quel lieu détermine mon salaire?
Selon la CCT Location de services, c’est en règle générale le lieu de l’entreprise locataire de services qui compte, et non votre domicile ni le siège de l’agence temporaire. Pour la zone de salaire de la CN, on se base donc sur le lieu de l’entreprise de construction où vous êtes en mission. Une agence suisse ne peut vous engager que si vous êtes autorisé à exercer une activité lucrative et à changer d’emploi.
Quand l’agence temporaire doit-elle verser mon salaire?
Au moins une fois par mois, au plus tard le 5e jour du mois suivant, selon la CCT Location de services. Pour une mission de moins d’un an, la CN prévoit que le 13e salaire vous est versé au prorata avec la dernière paie. Si vous payez l’impôt à la source, le versement mensuel du 13e salaire peut aussi être convenu, mais celui-ci doit alors figurer séparément sur le décompte.

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